Cérémonie des voeux – MJC du Haut-du-Lièvre – 10 janvier 2020

Cérémonie des voeux – MJC du Haut-du-Lièvre – 10 janvier 2020

Cérémonie des Vœux 2020

Discours de la Députée de Meurthe-et-Moselle, Carole Grandjean

Philippe Guillemard, mon suppléant, et moi, sommes très heureux de vous voir tous réunis ici : élus, représentants d’organismes publics, représentants associatifs, militants politiques, citoyens.

Chacun dans vos domaines d’activité ou d’engagements, vous représentez ce qui a motivé mon envie de faire de la politique : unir les volontés pour changer la société, agir, progresser ensemble pour l’avenir, ne pas se résigner. Je me suis engagée sur des valeurs, partagées avec le Président de la République et auxquelles, je le crois profondément, nous sommes restés fidèles depuis le début de notre mandat.

L’année qui vient de s’écouler marque un tournant fort dans l’histoire politique de notre pays, en particulier dans la relation que les français souhaitent entretenir avec leurs élus. Nous l’avons je l’espère tous entendus : les français réclament davantage de dialogue, de concertation, de lien social.

La méthodologie des réformes que nous avons portées cette année a répondu à cette attente et chacun des textes que nous avons étudié à l’Assemblée Nationale a été discuté avec les citoyens ou les acteurs concernés.

 

Je pense par exemple à la Loi d’orientation pour les mobilités pour la préparation de laquelle j’ai moi-même organisé des consultations et des réunions de travail avec lesacteurs locaux, associations et citoyens.

Cette loi encourage les mobilités actives et partagées, permet que soient proposées partout des alternatives à l’usage individuel de la voiture, accélère le développement des nouvelles solutions de mobilités, et vise à financer des grands travaux territoriaux et à répondre aux objectifs ambitieux que la France s’est fixée dans le cadre de l’accord de Paris et du plan climat.

 

 

Je pense également à la Réforme de la Justice mais aussi à la mise en place de la stratégie de la protection de l’enfance, à la convention citoyenne sur le climat, et aux consultations et débats citoyens organisés pour préparer la réforme des retraites.

J’ai la conviction que nous empruntons la bonne voie, non seulement celle de la bonne méthode, mais aussi celle des réformes justes pour aujourd’hui et pour l’avenir.

Des réformes justes et courageuses, qui entreprennent des changements auxquels d’autres avaient renoncé ou qu’ils avaient repoussé.

Il n’est pas simple de réformer l’école, le statut de la fonction publique, de repenser notre système de santé, ou notre système judiciaire.

Ce n’est pas simple, mais c’est nécessaire et nous n’avons pas baissé les bras.

Lorsqu’en tant que parlementaire, je vote une loi qui prévoit l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans, une obligation de formation jusqu’à 18 ans, la création d’un grand service de l’école inclusive favorisant la scolarisation des enfants handicapés et une meilleure formation des enseignants, j’ai la conviction que je vote une loi juste.

J’ai la même conviction lorsque j’apporte ma voix aux textes qui visent à améliorer le quotidien des français : augmentation du pouvoir d’achat, indemnisation du congé proche aidant, pensions alimentaires assurées par la CAF, plan de soutien aux EHPAD, octroi de 500M d’euros pour la réforme de la dépendance, transport et/ou hébergement pris en charge pour les futures mères éloignées des maternités.

Les politiques que nous menons visent à cela : être au service des plus faibles, réduire les inégalités, libérer le travail et construire une société plus juste dans le respect des hommes et des femmes et de leur environnement.

Sur ce dernier plan nous avons pris également des engagements importants au travers notamment de la loi Energie-Climat qui est une étape majeure pour lutter contre le changement climatique puisqu’elle inscrit dans notre corpus juridique l’objectif d’une neutralité carbone, la diminution de 40 % de la consommation d’énergie fossile d’ici 2030 et simplifie les procédures administratives pour les projets d’énergie renouvelable.

L’interdiction progressive du plastique, les mesures progressives d’interdiction des biocides contenues dans la loi Egalim, l’interdiction de l’élimination des invendus non alimentaires et  la gestion plus efficace des déchets prévues par la loi sur l’économie circulaires sont des exemples de mesures fortes que nous portons avec conviction en faveur  de l’accélération du changement des modèles de production et de consommation afin de limiter les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat.

C’est ainsi que j’envisage mon mandat de parlementaire : faire des choix, les assumer, avec responsabilité, écoute et dialogue. Je m’y attache chaque jour dans le cadre de mes travaux parlementaires, à l’Assemblée Nationale, mais aussi dans ma circonscription, avec la volonté toujours présente d’agir concrètement.

Afin de nourrir ces réflexions, j’ai rendu cette année deux rapports parlementaires :

Un rapport d’information sur le socle européen des droits sociaux, visant à dresser un état des lieux et donner une position parlementaire française sur les enjeux sociaux en Europe.

Parce qu’être élu c’est bien sûr de répondre aux enjeux concrets d’aujourd’hui et mais aussi d’orienter le projet de société que nous voulons. Telle est ma conviction.

Ce rapport émet 40 propositions concrètes vers une Europe plus juste et inclusive concernant notamment : la lutte contre le dumping social par la contribution des travailleurs détachés sur les charges sociales du pays d’accueil, des accords bilatéraux pour des logements en nombre pour les apprentis et étudiants (en soutenant particulièrement les étudiants jusqu’à Bac+2), la mise en place de fonds européen dédié à ERASMUS apprentissage (jusqu’à bac +2), des politiques partagées pour progresser dans l’inclusion des personnes handicapées (de l’école jusqu’à l’emploi dans la mesure du possible),  des mesures de soutien sur la place des organisations syndicales, l’égalité entre les femmes et les hommes, des propositions permettant de lancer une large consultation concernant les travailleurs de plateforme.

Ce rapport a fait l’objet d’une proposition de résolution européenne adoptée à l’unanimité par la commission des affaires européennes.

Je crois profondément en l’Europe, qui est au cœur même de mon engagement politique.

Et je crois profondément en l’Europe sociale, que nous devons continuer à construire et qui permettra à chacun de se sentir plus encore citoyen européen.

J’ai également rendu un rapport sur les fraudes aux prestations sociales, suite à une mission gouvernementale qui m’a été confiée par MonsieurlePremierMinistreE.PHILIPPE,conjointement avec Madame A. BUZYN, Ministre des solidarités et de la Santé, et Monsieur G. DARMANIN, Ministre de l’action et des comptes publics. Le rapport émanant de cette mission, intitulé « Lutter contre les fraudes aux prestations sociales, un levier de justice sociale pour une juste prestation », a été rendu le 5 novembre 2019.

 

Cette étude démontre que la multiplication des prestations, leurs différentes conditions d’attribution et modalités d’octroi, la dématérialisation de la relation, ainsi que la complexité du système peuvent concouriràfaciliterlesfraudesmaisaussiànuireauxpopulationslesplusprécairesetêtresourced’erreurs de bonne foi ou de non-recours aux droits.

Elle démontre également que la prévention reste le meilleur levier de lutte contre ces phénomènes et qu’il convient d’améliorer notre système actuel de traitement de données afin de permettre d’assurer un juste équilibre entre la lutte contre les fraudes, l’effectivité du versement des prestations sociales à l’ensemble de ses bénéficiaires et la prévention de l’erreur de bonne foi. La simplification du recueil et du traitement des données assurera de ce fait un meilleur service aux usagers.

A la suite de ce rapport, j’ai déposé plusieurs amendements au projet de loi de financement de la sécurité sociale, visant à permettre aux Agences Régionales de Santé d’être membre des Comités Opérationnel Départementaux Anti-Fraude, mais aussi à faciliter l’échange d’informations entre les organismes de protection sociale et les administrations de l’État. J’ai également déposé un amendement visant à confier un audit à une autorité indépendante sur les modalités de gestion et d’utilisation du Répertoire national commun de la protection sociale. Enfin, un amendement prévoit explicitement un programme de contrôle et de lutte contre la fraude, adossé au plan de contrôle interne des organismes nationaux de sécurité sociale. Tous ces amendements, soutenus par le groupe majoritaire La République En Marche, ont été adoptés par l’Assemblée Nationale.

Je poursuis le travail engagé avec les ministères concernés pour que les préconisations que j’ai formulées dans ce rapport puissent avoir une application concrète rapidement.

En effet, l’application concrète et l’articulation cohérente de mes actions de terrain avec mon mandat de députée sont au cœur de mon engagement.

C’est pourquoi j’ai aussi fait le choix cette année de m’investir dans des projets locaux ayant des impacts sur le territoire et qui sont des déclinaisons locales des politiques que nous menons.

L’inclusion des personnes handicapées est une des priorités du Gouvernement et un engagement de réforme auquel je suis particulièrement attachée.

Co présidente du groupe d’étude Autisme à l’Assemblée Nationale, j’ai mené plusieurs actions visant à mettre en place concrètement la Stratégie Autisme portée par la Ministre Sophie Cluzel.

 

C’est pourquoi, en accord avec le Ministre de l’Education Nationale et de la jeunesse et la secrétaire d’état chargée des personnes handicapées, je suis à l’initiative et pilote un projet d’expérimentation sur le statut des AESH (Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap).

 

L’expérimentation menée permet d’unifier les moyens, de les coordonner et d’améliorer les conditions de travail des personnels accompagnant les élèves handicapés.

Elle permet la mutualisationde ces personnels entre différents acteurs : collectivités territoriales, Éducation Nationales, associations et familles et poursuit deux objectifs :

 

  • augmenter le temps de travail des AESH en répartissant leurs missions entre les besoins de leurs différents employeurs, afin de favoriser l’attractivité du métier et de développer leurs compétences,
  • assurer un accompagnement des enfants bénéficiaires également en dehors du temps scolaire pour ceux qui le souhaitent

 

J’ai également soutenu l’opération Duoday qui permet à des personnes handicapées de découvrir un métier, de créer des liens avec des employeurs potentiels, et d’échanger avec le plus grand nombre sur les enjeux de l’inclusion. Cette année, j’ai accompagné 16 duos en Meurthe et Moselle.

 

C’est ainsi que j’envisage ma mission depuis maintenant 3 ans, et c’est ainsi que je prends l’engagement de la poursuivre, en soutenant les politiques de transformations que nous avons entreprises et celles à venir, en veillant à les décliner localement, en maintenant le dialogue que j’ai instauré avec mes concitoyens et les représentants de ce qu’il est désormais coutume d’appeler les corps intermédiaires.

 

Les rencontres annuelles que j’organise sur chacune des communes de ma circonscription seront toujours pour moi le moyen d’aller à la rencontre des habitants du territoire, d’entendre leur voix, d’écouter leurs critiques et d’orienter mes choix politiques.

Les organisations syndicales, les représentants des professions le savent : ma porte leur est toujours ouverte.

 

Je crois profondément aux vertus du dialogue social et je rencontre les organisations syndicales et patronales à chacune de leurs demandes ou à mon initiative. J’ai organisé cette année plusieurs réunions intersyndicales sur le thème des retraites, des retraités ou des EPHAD, et ces rencontres se poursuivront l’année prochaine.

Les élus et les représentants des associations sont aussi mes interlocuteurs privilégiés et j’ai la conviction que nous parvenons ensemble, mais aussi souvent de façon transpartisane, à soutenir des projets majeurs pour notre territoire.  Je souhaite à tous les candidats, déjà maires ou souhaitant l’être, une belle campagne municipale, respectueuse de nos valeurs démocratiques et je leur témoigne ma reconnaissance pour cet engagement dans l’intérêt collectif.

Dans le cadre de ce travail commun, je pense  notamment aux dossiers soutenus dans le cadre de la commission de Dotation d’Equipement aux Territoires Ruraux ( DETR),  mais aussi aux projets portés par des associations, dans le domaine du handicap notamment, ou à la transformation en cours du CHRU au sujet de laquelle j ’ai interpellé́, rencontré, questionné la Ministre de la Santé sur les moyens que le gouvernement va mettre en œuvre pour améliorer les conditions de travail, le parcours patient, la maîtrise des coûts et la pertinence des investissements.

Nous formons tous les maillons d’une chaine unique, je prends la part de mes responsabilités et je le revendique devant vous. C’est avec la même conviction, le même enthousiasme et la même volonté que j’envisage l’année 2020 et les réformes importantes à venir, notamment celle des retraites et de la dépendance.

C’est le vœu que je porte pour cette nouvelle année : que nous puissions continuer à dialoguer, et agir ensemble au service d’une société plus juste, plus solidaire et plus inclusive, tournée vers l’avenir et dans l’intérêt collectif.

A titre plus personnel, je vous souhaite à toutes et tous des moments heureux, des amitiés sincères, une santé solide, et beaucoup de réussite dans les projets qui vous importent.

Et comme il est question de partage et de convivialité, je tiens à remercie chaleureusement Mustafa Tarfah et son équipe pour son accueil et sa disponibilité : il était important pour moi de pouvoir faire cette cérémonie de vœux dans cette MJC, lieu de culture et de partage des savoirs, implanté sur un territoire multi culturel et riche de ses diversités.

Merci à mon équipe et encore merci à Philippe Guillemard, mon suppléant, à qui je passe la parole.

Belle année à tous !