Mon billet sur… le sport féminin

Mon billet sur… le sport féminin

Le sport féminin : au-delà des symboles, un secteur dans lequel les inégalités entre les femmes et les hommes restent vertigineuses.

La coupe du monde de foot féminine débute ce vendredi en France. Si la couverture médiatique de cet évène- ment est plus importante que pour les éditions précédentes, il n’en reste pas moins que les bonnes intentionsaf chées de mettre le sport féminin en haut de l’af che pour quelques semaines ne peuvent dissimuler les inégalités agrantes de traitement entre les hommes et les femmes dans ce domaine.

Le sport féminin professionnel n’est que la toute petite partie visible de ces inégalités. Depuis plusieurs jours,les médias rapportent les différences de rémunération entre les joueuses de foot féminines et leur homolo- gues masculins. Les footballeuses gagnent en moyenne 96% moins que les footballeurs. La prime promise aux bleues en cas de victoire par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) s’élève à 40 000 €tandis qu’en 2018, les joueurs victorieux et leur équipe de préparation ont touché environ 350 000 € chacun.

Au-delà du symbole, ces chiffres ne suf sent pourtant pas à appréhender la globalité des phénomènes iné-galitaires qui demeurent dans le sport, lorsqu’il s’agit de l’envisager sous l’angle de l’égalité femme/homme.Pourtant, les fédérations et clubs sportifs mettent en place depuis plusieurs années des actions visant à attirerles jeunes lles vers les sports dits « masculins » et tous sont mobilisés sur ce sujet.

Alors, osons poser la question : portons-nous une responsabilité collective de ce phénomène ? Serions-nous, en tant que parents, en tant qu’éducateurs, enseignants, des freins individuels puis collectifs à ce que nos lles accèdent aux mêmes sports que nos garçons ?

Le rugby compte 97% de garçons licenciés contre 3% de lles, tandis que la danse accueille 7% de garçons pour 93% de lles. Ces chiffres éloquents témoignent d’une empreinte des stéréotypes de genre dans notre société. Ce phénomène sociologique a des conséquences sur la perception qu’auront nos enfants de l’égalité des sexes dans tous les domaines de notre vie quotidienne (travail, loisirs, tâches ménagères, engagementpublic, etc.).

La place des femmes dans le sport est une des priorités du Gouvernement : le 5 septembre 2017, la Confé-rence Permanente du Sport Féminin (CPSF) a été créé pour adresser des recommandations et améliorer lastructuration et le développement du sport professionnel féminin. Elle est également garante de l’égal accèsdes femmes aux pratiques sportives, à leur gestion, à leur gouvernance et aux fonctions d’encadrement. C’estune première étape …

Le sport représente bien plus que les athlètes : nous devons également promouvoir l’accès aux postes d’ar- bitres, d’entraîneuses, de directrices, d’entrepreneuses et même de supportrices. Un important travail de sensibilisation doit être fait pour que des passions naissent des vocations et des carrières dans des secteursprofessionnels diversi és.

La médiatisation du football féminin est une première étape signi cative pour ouvrir des passions et encou-rager la diversité des pro ls dans les sports collectifs. Nous pouvons nous réjouir d’accueillir un si bel évène- ment sur tous nos territoires et sommes ravis d’accueillir des équipes et leurs supporters du monde entier qui participent aussi à la popularité du sport au féminin.

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Je souhaite bonne chance à l’équipe des Bleues et leur apporte tout mon soutien !