Question écrite n°19594 de Mme Carole Grandjean publiée au Journal Officiel

Question écrite n°19594 de Mme Carole Grandjean publiée au Journal Officiel

Question publiée au JO le 14 mai 2019

Rubrique : Professions de santé Titre : Tarification de certains dispositifs médicaux

Mme Carole Grandjean attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé concernant l’avis de projet de fixation des prix de cession, tarifs et des prix limites de vente au public des dispositifs médicaux utilisés pour le recueil ou le drainage des urines et des selles, ainsi que sur l’avis de projet de fixation des tarifs et prix limite de vente au public de la location hebdomadaire d’un lit médical, tous deux publiés au Journal officiel du 1er mars 2019. Ces nouvelles baisses de tarification ont été proposées sur avis du Comité économique des produits de santé (CEPS). Les professionnels du secteur du maintien à domicile estiment ne pas avoir été concertés s’agissant de cette baisse suggérée de tarification. Ils estiment que cette modification de tarification représente un réel danger pour la pérennité de leurs entreprises dans la mesure où elles affaiblissent considérablement leurs marges et ce faisant, la qualité de prise en charge des patients qui suppose que leur soit accordé du temps que le maintien des marges ne permet pas. Le risque d’une telle baisse de tarification est de fragiliser les petites et moyennes entreprises du secteur au profit de grands groupes de distribution nationaux, ce qui ferait peser un danger direct sur l’emploi. Aussi, à l’heure où le Gouvernement et la majorité présidentielle souhaitent favoriser le maintien à domicile et le développement de l’ambulatoire, ces nouvelles baisses de tarifications ne risquent-elles pas ne remettre en cause ces formes alternatives à l’hospitalisation ? Aussi, elle souhaite savoir si elle entend associer les représentants des entreprises du secteur concerné par ces nouveaux tarifs à leur négociation.

Réponse publiée au JO le 14 janvier 2020

En application de l’article L. 162-17-3 du code de la sécurité sociale, le Comité économique des produits de santé (CEPS) contribue à l’élaboration de la politique économique des produits et prestations mentionnés à l’article L. 165-1 du même code. Cet article précise en outre que le rôle du CEPS consiste notamment à veiller au respect de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) fixé par la loi de financement de la sécurité sociale. Il met également en œuvre les orientations qu’il reçoit des ministres chargés de l’économie, de la santé et de la sécurité sociale. La lettre d’orientation adressée le 19 août 2016 par les ministres au président du CEPS précise notamment que l’action du Comité doit tenir compte de l’impact sur la compétitivité, la croissance et l’emploi, ainsi que le dynamisme des industries de santé. Ainsi, dans le cadre de ses missions, le CEPS a publié au Journal officiel des projets d’avis tarifaires réinterrogeant les niveaux de tarifs d’un certain nombre de dispositifs médicaux ou de prestations pris en charge par l’assurance maladie pour lesquels le dynamisme de croissance ainsi que les marges observées permettaient de réaliser des économies pour l’assurance maladie. Conformément à la règlementation en vigueur, les fabricants et les distributeurs concernés par cet avis de projet ont pu, dans le délai de trente jours imparti, présenter des observations écrites ou demander à être entendus par le comité économique des produits de santé.  Au terme de cette procédure contradictoire qui a permis un échange d’informations fructueux et par la suite une meilleure connaissance des différents marchés concernés, des conventions ont pu être signées en juin 2019 avec la majorité des acteurs, dont les prestataires de services et distributeurs de matériels, permettant la fixation de nouveaux tarifs, de prix limite de ventes et/ou de prix de cession. Enfin, concernant le rôle des prestataires de services et distributeurs de matériels dans le système de soins, la ministre des solidarités et de la santé a saisi en mai 2019 l’inspection générale des affaires sociales qui réalise actuellement une mission d’évaluation. Ce rapport, dont les conclusions sont attendues en 2020, permettra de définir la place et le rôle des prestataires dans cette organisation.