Question écrite n° 6183 de Mme Carole Grandjean publiée au Journal Officiel

Rubrique : Professions de santé

Titre : L’attractivité de la profession d’orthophoniste en milieu hospitalier

Mme Carole Grandjean attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l’attractivité de la profession d’orthophoniste en milieu hospitalier. Depuis 2013, les orthophonistes doivent détenir une qualification de niveau Master 2. Par décret du 9 août 2017, certains personnels de rééducation de la fonction publique hospitalière, dont les orthophonistes, ont été classifiés en catégorie A, et ce, sans bénéficier de la revalorisation des grilles salariales attendues. Par ailleurs, et bien qu’un effort de la part du Gouvernement pour rendre la pratique hospitalière attractive ait été réalisé avec l’attribution d’une prime d’un montant de 9 000 euros sur 3 ans pour les orthophonistes, selon le lieu d’exercice (zones sous-dotées), cela ne concerne dans les faits qu’une faible part des praticiens et ne permet pas un réel retour de l’attractivité de la pratique en milieu hospitalier. Ce manque d’attractivité nuit à la qualité du suivi réalisé des patients et impacte le budget de la sécurité sociale, par un recours accru aux professionnels libéraux. Cette désaffection pour la pratique hospitalière nuit également à la formation de nouveaux profils dont l’accès au diplôme est tributaire de la validation d’internats au sein de centres universitaires. Alors que la réforme des études (Master) prévoit un accroissement du nombre d’heures de stage, le suivi et la possibilité de réaliser ces internats pourraient être compromis du fait de la difficile conciliation formation/suivi des patients pour les professionnels hospitaliers. Il apparaît nécessaire d’introduire un dialogue entre les représentants de ce corps professionnel, composé à plus de 95 % par des femmes, population déjà largement impactée par les écarts de rémunération, et le ministère de la santé. De ce fait, elle souhaite savoir quelles sont les pistes d’évolution organisationnelles ou salariales que le Gouvernement pourrait envisager pour cette profession afin d’endiguer la fuite des profils vers un exercice libéral nuisant à la qualité du suivi des patients et accentuant le coût supporté par la société.