Question écrite n°20988 de Mme Carole Grandjean publiée au Journal Officiel

Question écrite n°20988 de Mme Carole Grandjean publiée au Journal Officiel

Question publiée au JO le 2  juillet 2019

Rubrique : énergie et carburants  Titre : Lutte contre la fraude à la rénovation énergétique

Mme Carole Grandjean interroge Mme la secrétaire d’État, auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la fraude à la rénovation énergétique. Aujourd’hui, le logement représente environ 45 % de la consommation d’énergie et constitue pas moins d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Outre les engagements pris par le Gouvernement de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, et la trajectoire zéro carbone à l’horizon 2050, l’urgence se porte sur la rénovation énergétique des logements. Le projet de loi énergie et climat présenté à l’Assemblée nationale propose un certain nombre de leviers afin d’encourager la rapide adaptation des logements. Il existe toutefois des dispositifs déjà en vigueur en France qui permettent de co-financer ces travaux d’économie d’énergie, comme les certificats d’économies d’énergie (CEE) mis en place en 2006. En 2019, on évalue à près de quatre milliards d’euros le montant de primes versées aux ménages, aux collectivités, aux syndics de copropriété et aux industries qui veulent réaliser de tels travaux. Par ailleurs, 1 million de chaudières fioul seront remplacées en 2023, grâce à la prime CEE « Coup de Pouce ». Or, dans un rapport du 27 novembre 2018, l’organisme du Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins, dit « TRACFIN », fait état d’une augmentation du nombre de fraudes. Malgré les phases successives de renforcement du dispositif, on observe des mécanismes de plus en plus complexes, faisant intervenir tout une chaîne de sous-traitants malveillants afin d’opérer des schémas complexes de blanchiment d’argent. Si la fraude à la rénovation énergétique semble porter principalement sur l’erreur de bonne foi (notamment pour sur des travaux surévalués ou mal réalisés), on constate également des chaînes bien organisées utilisant ces leviers pour détourner les certificats d’économies d’énergie de leurs objectifs initiaux. Ainsi, elle l’interroge afin de connaître l’ensemble des dispositifs juridiques et des renforcements administratifs qui seront mis en place afin de veiller à la bonne affectation de ces certificats d’économies d’énergie pour les travaux de rénovations énergétiques, et de lutter plus efficacement contre la fraude.